Chers clients,
A travers vos voyages et vos photos, vous avez été les témoins d’époques, d’évènements, ou de lieux remarquables, et nous avons eu la chance de profiter de ces témoignages à travers la numérisation de vos photos.
A notre demande, certains d’entre vous ont accepté de partager plus largement des images ayant un caractère historique afin que ces témoignages perdurent et nous les en remercions.
C’est notamment le cas de Laurent Baudère et de ses photos de Berlin
Berlin-Est, la frontière de la peur

Nous sommes à Berlin, approximativement en 1980. C’est la ligne de fracture la plus emblématique du XXe siècle : le mur de Berlin.
La photographie a été prise depuis le secteur Ouest, à l’angle de la Bernauer Straße et de la Schwedter Straße, l’un des points les plus surveillés de la frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest.
Devant l’objectif, on voit la « bande de la mort » — ce no man’s land interdit — s’étend sur plusieurs mètres, encadrée par des clôtures, des barbelés et des obstacles antichars.
En 1980, la ville est encore le symbole le plus concret de la Guerre froide. Depuis 1961, le mur coupe Berlin en deux, séparant les familles, les amis, les destins. À l’Est, la République démocratique allemande contrôle strictement les déplacements de sa population. À l’Ouest, les Berlinois vivent dans une enclave occidentale encerclée par le bloc soviétique.
Le mur mesure plus de 150 kilomètres et est jalonné de près de 300 miradors. Il incarne la peur, la méfiance et la propagande des deux blocs. Pourtant, malgré le béton et la surveillance, des milliers d’Allemands tenteront de s’échapper — beaucoup y laisseront la vie.


Ces images, figées dans le silence de la séparation, raconte mieux qu’un discours la violence tranquille de la division. Neuf ans plus tard, en novembre 1989, ce décor tombera sous les coups de pioche d’un peuple lassé de la frontière et avide de liberté.